Le parage physiologique

Qu’est-ce que c’est ? Quelles sont les différences avec le parage plus « traditionnel » proposé en maréchalerie ? Afin de vous aider à mieux comprendre ce qu’est un parage physiologique, je vous propose de revenir sur sa définition et ses principales différences avec le parage de enseigné en maréchalerie traditionnelle

Définition

Le parage physiologique, parfois appelé parage naturel, se veut être un parage respectant la physiologie du pied du cheval, c’est à dire sa forme, sa structure et sa fonction. L’objectif est de 

Un bon parage physiologique ne se contente pas seulement d’imiter l’usure naturelle du pied du cheval sauvage, mais doit permettre de remettre les structures externes (la boîte cornée) en équilibre avec les structures internes (os, tendons, ligaments, articulations).

Le parage tel qu’il est pratiqué en podologie équine se base sur différents repères et vise à favoriser le développement de structures saines avant toute chose :

  • une fourchette et un arrière de pied développés capables d’assumer leur fonction d’amorti lors du posé du pied,
  • une paroi saine et épaisse chanfreinée,
  • des talons et des barres à leur place (près du fond des lacunes latérales de la fourchette),
  • une sole préservée etc.

Enfin, le parage physiologique et la podologie équine de manière générale s’efforcent de prendre en compte le cheval dans sa globalité car des problématiques à priori liées aux pieds peuvent dépendre de plusieurs facteurs : biomécaniques, alimentaires etc.

Il existe aujourd’hui de nombreuses méthodes de parage physiologique, qui ont toutes leurs particularités. Certains sont plus ou moins invasives ou ont fait plus ou moins leurs preuves. Les plus répandues en France aujourd’hui sont (il me semble) les méthodes PEL (podologie équine libre), KC La Pierre (podologie équine appliquée), et celle de l’Institut Français de Podologie Equine. 

A savoir qu’il n’existe pas d’école délivrant de diplôme officiellement reconnu concernant la pratique du parage physiologique en France mais uniquement des formations privées plus ou moins longues.

Parage physiologique d'un postérieur

Quelques différences entre parage "traditionnel" et "physiologique"

En podologie équine, l’étude du pied du cheval diffère de la maréchalerie traditionnelle dans plusieurs de ses principes et donc en pratique.

Je ne vais pas revenir sur l’entièreté des différences et des considérations anatomiques enseignées de chaque côté mais plutôt sur certaines différences visuelles que vous pourrez identifier sur les parages de vos équidés :

  • paroi porteuse/sole porteuse : en maréchalerie traditionnelle, on considère que le pied du cheval doit reposer sur la paroi externe. Le pied est donc généralement paré « à plat », alors que du côté de la podologie équine, on pense que la sole périphérique (la partie de la sole qui est proche du bord du pied) assume ce rôle. 
  • chanfrein de la paroi : dans la suite logique de cette idée, on chanfreine la paroi lors du parage physiologique afin que celle-ci ne repose pas directement au contact du sol (on minimise les contraintes exercées sur la paroi et au passage on évite les petits éclats de corne)
  • talons et barres : ceux-ci sont travaillé en parage physiologique pour être remis le plus possible au niveau du fond des lacunes latérales de la fourchette. Pour autant, il existe plusieurs méthodes pour se faire il est donc difficile de généraliser. Personnellement, je suis la méthode PEL : on ne baisse pas systématiquement les talons, mais si ceux-ci avancent vers l’avant du pied, on les chanfreine et on retravaille les barres pour les aider à reculer. De même, selon les maréchaux-ferrants certains ne traiteront pas les talons de la même manière (même si globalement on apprend en maréchalerie qu’il faut éviter d’y toucher…)
  • la sole : en maréchalerie, on a tendance à systématiquement « blanchir » la sole, en podologie on tentera au contraire de la préserver au maximum pour garantir le maintien d’une certaine épaisseur. On différencie également la sole primaire (celle qui se trouve sous la troisième phalange du pied, concave) et la sole périphérique (la sole légèrement bombée qui « suit » le bord du pied et qui sert d’appui au cheval)
  • la fourchette : de même, en maréchalerie on aura tendance à parer la fourchette. Selon les écoles de podologie le traitement de la fourchette diffère. Personnellement, je n’y touche que quand c’est nécessaire à de rares occasions, mais j’ai tendance à penser qu’elle doit être préservée
  • le parage pariétal : c’est le parage de la paroi externe, donc du « dessus » du pied. Le parage pariétal est très utilisé en maréchalerie traditionnelle mais beaucoup moins (voire pas) lors du parage physiologique. Bien qu’il donne en effet « joli » aux pieds il peut causer plus de dégâts qu’autre chose, notamment sur la qualité de la paroi. Encore une fois, je le juge réservé à de rares cas mais globalement inutile

Ce sont les principales différences notables que vous pourrez observer assez aisément sur les pieds (en dehors des considérations d’aplombs et d’anatomie). Toutefois, les différences précédemment citées ne concernent pas tous les praticiens du parage, que ce soit en maréchalerie qu’en podologie, car il existe quasiment autant de méthodes qu’il y a de professionnels ! De même qu’il existe toujours des exceptions, qui justifieront ou non l’utilisation de telle ou telle méthode plutôt qu’une autre. Bref, quand vous avez un doute sur une pratique, n’hésitez pas à poser des questions à vos pro !

Conclusion en images

Un beau pied avec des talons et des barres à leur place. La fourchette n'a pas été touchée, la sole seulement brossée à la brosse métallique
Chanfrein de la paroi vu pied posé, pas de parage pariétal
On observe bien le chanfrein vu du dessous, talons compris